LA BOXE, AUSSI UN JEU D'ENFANT

La boxe française racontée par un champion : Smael MAYOUF. Dans cet article, Smael nous raconte ses débuts et son évolution dans ce sport.

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Venez découvrir le parcours de Smaël MAYOUF en boxe Française :

1/  Peux-tu nous retracer ton parcours ?

Je pratique la Savate Boxe Française depuis l’âge de huit ans. J’ai d’abord pris ce sport pour un jeu, puis un « défouloir » avant de commencer les choses sérieuses. Ce n’est qu’à l’âge de 14 ans que j’ai découvert la discipline en compétition. Depuis ce jour, j’ai été plus sérieux dans ma pratique et on m’a laissé entendre que j’avais du potentiel. Les entraînements devenaient alors plus intenses et poussés. Il fallait travailler plus et même si l’aspect plaisir était encore présent, je sentais la différence. J’avais compris qu’il fallait pousser plus la « machine » et sortir de ma zone de confort. Ce n’était pas pour me déplaire, bien au contraire. Je rentrais des entraînements plus fatigué, j’avais le sentiment d’avoir fait le job. La saison qui a suivi, j’ai alors signé pour mes premiers championnats, je savais qu’il faudrait me donner à fond et travailler toujours plus pour devenir un jour champion…

A force de persévérance, et d'entraînements j’ai peu à peu gravi les échelons. D’abord, champion de Belgique, puis champion de France. J’ai intégré l’équipe de France de Savate Boxe Française pour me préparer aux championnats d’Europe puis ensuite championnats du monde. Je vous laisse imaginer l’intensité des entraînements.

Aujourd’hui, à l’âge de 38 ans, je lève un peu le pied pour me consacrer à la transmission de mes connaissances aux plus jeunes. Mais bien sûr, le compétiteur en moi est toujours présent et se réveille à chaque nouvelle compétition avec une motivation de fer et une envie de gagner toujours plus forte. J’ai d’ailleurs ma devise qui me guide un peu plus chaque jour : « Être Meilleur Ne S’arrête Jamais ».

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2/  Quand as-tu commencé la boxe française et quel a été ton moteur ?

Après avoir débuté la saison sportive par le football, mon père a voulu que je teste d’autres sports et pour lui la boxe française pouvait/devait me plaire...

Je ne voulais pas lâcher le foot aussi facilement mais comme un enfant « modèle » j’ai écouté mon père et me suis dirigé vers la salle de boxe pour mon essai. On ne va pas se mentir… Ce fût une belle découverte pour moi. Loin des préjugés, j’ai eu face à moi un entraîneur très pédagogue qui a pris le temps de bien m’expliquer les bases de ce sport. Après être rentré, mon père m’a demandé ce que j’en avais pensé. Bon, même si j’ai adoré (esprit de contradiction oblige), j’ai alors menti en disant que je n’étais pas trop emballé. J’avais évidemment en tête de retourner vers le foot.

Mon père m’a demandé alors de refaire un dernier essai mais cette fois-ci avec mon grand frère, impossible alors de refuser ! C’est donc une semaine plus tard que nous nous sommes rendus à l’entraînement. Nous avons pris tant de plaisir que nous nous sommes inscrits dans la foulée au club d’Armentières qui est toujours le mien depuis maintenant trente ans.

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3/  L’apprentissage dès l’enfance, clé de la réussite ?

« L’âge d’or » pour la pratique d’un sport est entre 8 ans et 16 ans. En effet, l’apprentissage des techniques de base est alors plus rapide et plus facilement assimilé...

Bien souvent, au plus le boxeur commence tôt, au plus il a la chance de performer. Je le vois au club d’Armentières dont je suis entraîneur depuis maintenant plusieurs années, les boxeurs qui performent aujourd’hui sont les enfants d’hier. Les entraînements qu’ils ont suivi au club leur permet d’être les nouveaux champions d’aujourd’hui et/ou de demain.

On a tous déjà eu l’occasion de se retrouver devant une vidéo d’un enfant qui pratique de la boxe. De nombreuses vidéos d’enfants pratiquant la boxe affluent sur les réseaux sociaux. La facilité avec laquelle les gestes sont reproduits est parfois déconcertante. On y trouve d’ailleurs toutes les boxes : Savate Boxe Française, Boxe Anglaise, Kick Boxing, Boxe Thaï, Full Contact, K1.

Finis les préjugés qui réduisent la boxe pour les enfants au rang de simple jeu. Avec l’apparition des divers championnats, cela permet de démontrer qu’ils sont en capacité d’accomplir une saison comme les adultes.

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4/ Y a-t-il des préjugés que tu souhaites casser ?

Depuis toujours, la boxe souffre de préjugés et véhicule souvent une image bien négative. De nombreuses questions restent dans l’esprit des gens :

« C’est vrai qu’il faut avoir le nez cassé ? » Je pratique la boxe depuis trente ans et je ne me suis jamais cassé le nez.

« C’est un sport masculin ? » Même si dans les débuts ce sport était essentiellement pratiqué par des hommes, aujourd’hui c’est moins vrai. De nombreuses femmes pratiquent la boxe.

« C’est un sport réservé aux voyous ? » Si on peut dire que les femmes sont de plus en plus présentes dans ce milieu, il en est de même pour le public. En effet, dans mon club et plus généralement on retrouve toutes les catégories socio-professionnelles dans une salle de boxe.

5/ Quels conseils pourrais-tu donner aux parents qui souhaitent initier leurs enfants à la boxe ?

Ne pas forcer ni imposer la boxe à l’enfant.

On dit souvent qu’on ne pousse pas la porte d’une salle de boxe par un simple hasard. Même si les premiers pas d’un enfant peuvent être une initiative des parents. Ils arrivent souvent avec le même discours : « j’inscris mon enfant pour qu’il apprenne à se défendre ». Bien que cet « argument » soit réel, trop souvent l’enfant pratiquera la discipline par obligation. La notion de plaisir et/ou envie est totalement absente. D’ailleurs, cela se ressentira dans sa pratique. En effet, il sera alors compliqué de motiver un enfant qui est là par contrainte... le rôle de chaque entraîneur est de faire comprendre aux parents qu’il ne faut pas que ça soit la seule motivation pour inscrire son enfant, et que ça peut au contraire, dégouter de ce sport.

Il est certes important de faire découvrir un maximum d’activités à un enfant, mais il faut également savoir qu’au plus la pratique de la boxe est initiée tôt au plus l’apprentissage sera aisé. Permettre à l’enfant d’essayer plusieurs boxes. La boxe dispose de plusieurs pratiques, le choix de la discipline.

Une passion ne se dicte pas… Elle s’entretient mais ne peut naître d’un dégoût.

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